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C'était Un 12 Juillet ?
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PLONGÉE DANS LES GRANDS BLEUS : Présentation du livre

Douze juillet. En toutes lettres, la date est gravée dans l’album de France. « Tous les gens sont capables de te raconter leur soirée » indique encore Lizarazu. Cet ouvrage pourrait se résumer à cette question : « Tu étais où, toi, le 12 juillet ? ». Celles et ceux qui ont connu mai 1945 ou novembre 1963 disent se souvenir précisément du lieu où ils apprirent la victoire finale des Alliés ou l’assassinat de John Kennedy. « Le 12 » est un événement puissant car il dépasse évidemment le seul football. Sans vouloir le comparer au 11 septembre 2001, il est possible d’écrire que cette victoire a concerné le politique, débordé sur l’économique, touché au sociologique. Ce 12 juillet ramène à un instant de pur bonheur. Chacun possède son histoire : une plongée dans une fontaine de village, une danse sur le périphérique parisien… Des Antilles à l’Océan indien, de Marseille à Nouméa, d’Ardèche à Tahiti, la France de cet instant est une, joueuse. Joyeuse. A leurs passagers, les pilotes Air France annonçaient l’évolution du score et, parfois, commentaient le match, champagne à flots ! A Los Angeles, des Frenchies postés devant des écrans géants expliquaient, enflammés, les règles du jeu à des Américains éberlués…


12 / 07 / 98… cette page restera en effet à jamais cornée sur le calendrier du sport et de la société hexagonale. Brésil-France s’inscrit, indélébile, dans la mémoire, collective et personnelle ; dans les souvenirs, populaires et intimistes. Une décennie plus tard, il fallait l’écrire, ce jour, l’organiser, et de nouveau le raconter. Vu de derrière, vécu des coulisses. Ce jour, cette nuit resteront éternels car communautaires, unitaires, festifs. « A Verdun, il pleuvait et il faisait froid. C’est un sale souvenir de France, mais là, 12 juillet, il faisait beau et chaud… et pour la première fois dans notre histoire, on allait battre le Brésil en finale de Coupe du monde ! ». Cette phrase est de Stéphane Meunier, l’un des spectateurs centraux de l’aventure tricolore, ayant filmé les Bleus de si près qu’on en a vu le fond de leurs pupilles. Comparer le pré joyeux du Stade de France aux champs meurtriers de Verdun paraît osé. Mais ce lien révèle en tout cas la place prise par le 12 juillet dans le calendrier français. Il ancre dans le passé personnel en même temps qu’il projette dans un avenir commun.


D’un point de vue sportif, les années qui précèdent cette finale à succès pourraient sembler aujourd’hui appartenir à la préhistoire. Or ces minutes et ces jours de l’aventure Mondiale prennent leurs racines dans les décennies rémoises de 1950 et 60, dans les Verts de 76, dans l’ère des années 80 et son carré magique, et dans le magistère de Jacquet (Euro 96, Tournoi de France 97). Mais aussi, au-delà, dans les Mimoun, Killy, Goitschel, Besson, Prost, Hinault et Noah. Cette victoire d’une génération multi-culturelle qui compose le pays l’a-t-elle poussé à évoluer ? Les avis divergent : « Pas du tout » lance Manu Petit ; « ce fut une belle parenthèse » émet Alain Leiblang, à la tête des opérations media pendant le Mondial ; « le politique a utilisé l’état d’esprit de France 98 » regrette Bernard Lama. Le succès de la bande à Zizou a, en tout état de cause, touché toutes les couches de la population. « Cette fête a manifesté une unanimité tout à fait étonnante, explique ainsi Philippe Massoni, Préfet de police de Paris en 1998.

Alors que la thématique de l’intégration alimentait les débats entre courants politiques opposés, une autre thématique plus consensuelle s’est imposée à la faveur de l’événement : loin d’être un phénomène secondaire, le métissage montre que l’intégration républicaine est un phénomène de première importance. Le slogan cité spontanément ‘‘Zidane Président !’’ exprimait parfaitement la réussite de l’intégration. » Ce livre révèle justement, comment ce slogan est né, sur les Champs-Elysées, comment il s’est elevé dans la douceur infinie d’une nuit d’été… Place maintenant à l’histoire qui, comme dans un conte d’enfance, commence par ces mots simples, à décliner pour l’éternité : « C’était un 12 juillet…»


C'était un 12 juillet
Xavier Rivoire
Calmann-Lévy éditeur

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Et toi, ou étais tu le 12 juillet, et que faisais-tu ?